lundi 8 septembre 2014

le cou du chat sous le couperet de l'ogre

La photo ? Une image prise dans la chaufferie de la prison de Saint Hubert. Le type ? Un vieux détenu empestant le sunlich', replet et grotesque : un ogre. Le chat ? Une petite fripouille sans avenir, poussiéreuse et hirsute : un chat. Je me suis longtemps demandé quelle était finalement la situation privilégiée. Celle du chat ? Celle de l’ogre ? J’avais finalement opté pour une position médiane. Celle du photographe bien entendu. Risque zéro (si ce n’est celui de rater la photo – et là encore tout est prétexte au flou artistique). Mais aujourd’hui, après de longues, mûres, douloureuses réflexions, j’en viens à penser que c’est le photographe qui est le plus à plaindre.

Dans la longue complainte de l’existence qu’il chante à longueur d’image, c’est bel et bien l’ogre et le chat qui ont leur mot à dire.